atelier

Cartographie

Atelier d'écriture

 


Le bazar du centre.
5, rue Saint-Denis, au milieu des allées et venues qui marquent le quartier du châtelet, un Centre de jour. Au-dessus d'un magasin de chaussure - promesse de promenades ininterrompues ? -, dans un immeuble haussmannien prévu pour accueillir les bureaux d'une riche entreprise internationale, récupéré in extremis, le lieu a tous les atouts d'un observatoire de la ville d'aujourd'hui.
À quelques pas du métro, de la rue de Rivoli, de la tour Saint-Jacques, de la place du Châtelet, des Halles, d'un centre d'accueil Emmaüs et du Marais, il est encerclé de plusieurs villes à la fois, qui font la ville. Celle des circulations incessantes, rythmées par les horaires de travail qui se combinent parfaitement avec celles du shopping ou des pauses déjeuners dans le forum, entre deux visites rapides dans les magasins du centre commercial. Observatoire aussi des communautés, entre le BHV et la rue au maire en passant par le forum, il y a tout le Monde, ou presque. Ce pourrait être une première ligne de fuite à partir du 5, rue Saint-denis : ici tout le monde fréquente le « Bazar du centre ». Autre ligne de fuite possible : vers la place Baudoyer et la rue des barres. En rez-de-chaussée, le local de l'association de la rue des barres. L'association des patients de Paris-Centre a pour emblème l'orme, cet arbre qui a aujourd'hui disparu des quais parisiens. On s'y réunit le vendredi pour organiser quelques escapades ou simplement échanger. La rue des barres, c'est aussi le lieu de confection du journal Les beaux barres, qui prolonge finalement la tradition de l'arbre à palabre que fut l'orme : on y écrit des textes en vue d'un numéro édité trimestriellement, avec les moyens du bord. On le retrouve au bar ou à la bibliothèque du Centre de jour à chacune de ses parutions.
Autre ligne de fuite possible : ce que chacun amène ici en arrivant dans les locaux. Pêle-mêle : un refuge, de l'écoute, des ambitions nouvelles pour le lieu, ses soucis, son envie de retravailler, celle de faire un autre métier, l'envie de boire un café, de fumer une cigarette, ou d'en limiter la consommation dans les lieux. Tout cela (ou presque) se discute le lundi matin, dans la réunion hebdomadaire du centre de jour. Mais bientôt, on déménage (encore !). Dans un bateau à quai près de la gare de Lyon. Un nouveau lieu. Déjà, tous les vendredis matin, au sein de l'atelier « carnet de bord », on discute de ses lieux préférés et de ses habitudes de circulation, du désir de changement ou de stabilité. Comme pour associer à cette nouvelle migration (après celle de la rue Notre-dame de Nazareth vers la rue Saint-Denis) tous les imaginaires et les désirs possibles de ville : vitesse, coopération, tranquillité, mouvement...
Le centre de jour devient alors laboratoire « psychogéographique », observatoire de la ville et des histoires qui s'y assemblent. Le temps d'un atelier, elles s'inscrivent sur une page, puis sur les murs du bazrar du Centre.


 

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