Pedro Serra, psychiatre


«J’ai toujours veillé, en dehors de ma dimension de spécialiste, à ce qu’il y ait de la vie tout autour de la maladie. Il n’y a pas de soin en soi. Le soin implique de greffer tout autour de lui des éléments de vivification. C’est quoi alors infuser « de la vie » ? C’est du désir, des rencontres… Ce n’est pas dire : « Bonjour, comment vont les idées dans votre tête ? » Il y a quelque chose d’autre. Quelque chose qui va rappeler au patient qu’il n’est pas en train de rencontrer le médecin spécialiste du symptôme, mais aussi des situations et des personnes qui vont lui permettre de concevoir qu’en dehors de son enfermement symptomatologique, un autre mode de vie est possible. Et dans mon travail, je me suis plutôt fixé sur cet aspect : c’est-à-dire sur le fait d’être là. C’est quelque chose qui ne s’affiche pas aux murs comme une consigne, ça ne se prescrit pas. Ça ne va pas de soi, car on n’est jamais couvert par un statut. Et c’est totalement lié à la volonté critique qui est à l’origine du mouvement de désaliénation. C’est quoi ces gens enfermés, tristes à mourir, qui étaient des « agités », qui étaient des « ci », qui étaient des « ça »… En modifiant simplement cette logique, on en prend plein la figure, on est interpellé. Et quand on est interpellé, on doit soi-même être créatif. Quand on parle d’art (comme le faisait Bonnafé), c’est aussi pour rappeler que ce métier doit aussi être un art. C’est-à-dire un art de la relation. On peut sûrement en tirer quelques grandes lignes du côté de la psychanalyse ou de la philosophie, mais ensuite, il y a une invention à faire face aux patients.»

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