Depuis 2002, je vis rue des Prêcheurs, à côté du forum des Halles, dans un logement social. Le ventre de Paris, ça grouille. Rue Saint-Denis, rue Lescot, les gens se marchent dessus. C'est le quartier de la mode et de chez moi j'entends la musique  à fond du lundi au samedi. La nuit, Châtelet, ce n'est pas fréquentable. C'est une autre ville plus effrayante encore. Les gens s'y croisent, viennent de loin et sont de passage. C'est un quartier plein d'inconnus. Depuis que j'ai quitté l'Algérie, j'ai vécu à Aulnay-sous-bois, à Aubervilliers, aux 4 milles à la Courneuve, à Saint-Denis et je n'ai jamais eu peur. En banlieue, tout le monde se connaît. Les gens circulent d'un appartement à l'autre. Les femmes se retrouvent au square avec les enfants. Le jour de L'Aïd, il est d'usage d'inviter ses voisins, même s'ils sont français, à manger la soupe et le couscous. Lors d'un décès, la famille prépare le repas, installe une table et des tréteaux dans le couloir et les gens viennent présenter leurs condoléances, s'assoient et mangent. Dans la tour, les gens s'entraident. Ils vivent ensemble. À Paris, c'est l'isolement total. 

 

Mourad 

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