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J’ai toujours vécu au bord de l’eau. Je suis né en Algérie, au bord de la mer, et j’ai rejoint la France à bord d’un bateau avec mes parents et ma soeur. J’ai grandi en Bretagne et les cendres de ma mère ont été dispersées dans la mer. D’où cet appel incessant. J’ai constamment besoin d’un coin de flotte.
Le premier souvenir que j’ai de paris, c’est l’odeur du métro.

Je fréquente le Brise-Miche juste pour la vue. C’est un bistrot situé place Stravinsky et qui donne sur le bassin où les sculptures de Niki de Saint Phalle et d’autres installations modernes en métal trônent au milieu des jets d’eau. Ça offre un spectacle constamment en mouvement et très coloré, et puis l’eau c’est rafraîchissant.

Mon église, c’est l’église Saint-Louis. Parce que je m’appelle Loïc, entre autres, et puis parce qu’elle se trouve rue Saint-Antoine dans la continuité de la rue de Rivoli, sur le chemin que j’emprunte pour aller à mon square. Chaque fois que je passe devant, je m’arrête parce qu’il y fait frais. C’est rafraîchissant, surtout l’été. Je fais un tour d’église, sans être croyant, sans être baptisé. On peut prier en étant athée, tout simplement parce que ça repose et que ça fait du bien à l’âme, à l’âme de fond. J’allume un cierge pour un copain qui fait une quadrithérapie, par exemple, et je fais ma petite prière, mon « salamalec ».

À l’extrême est de l’île Saint-Louis, à côté du boulevard Henri-IV, dans le 4e arrondissement, il y a le square Barye. C’est un square avec des éphèbes, des lions et des pigeons. Cela fait un bout de temps que j’ai découvert ce lieu. C’est d’abord un ami qui m’y a amené. Je me souviens que c’était l’été et qu’il faisait très chaud.
Au centre, il y a un monument dont le dessus est plat et qui me donne l’impression qu’il lui manque quelque chose. Autour, il y a deux statues qui représentent des éphèbes assis sur des lions tenant un enfant et une épée à la main. Ce sont les sculptures de Barye, qui a donné son nom au square. C’était un sculpteur animalier qui savait traduire la musculature des bêtes et des hommes, rendre les masses. Je les aime bien ces sculptures. J’ai fantasmé un jour qu’elles s’animaient et descendaient de leur piédestal.
Le square est un peu à l’écart, planqué derrière le pont de Sully. Il y a des bancs, des fleurs, des arbres et un escalier qui descend sur la Seine et qui mène à d’autres bancs, à un saule pleureur et à de petites marches qui s’avancent dans l’eau. Les soirs d’été, les gens viennent y faire la fête. À l’heure où le square est fermé, ils sautent la grille et descendent boire des coups au bord de la Seine. Il y a un côté piscine. On a une impression balnéaire, dégagée, de mer. On aperçoit d’un côté le ministère des Finances, qui est un bâtiment en forme de paquebot. On distingue, au loin, les proues des bateaux. Sur la rive en face qu’on voit très bien, au pied du square Tino Rossi, il y a une sorte d’arène, de petit amphithéâtre où l’on peut souvent voir des gens danser le tango.
On trouve de tout dans mon square, des touristes et des habitués. Ça a vraiment la forme d’un triangle, c’est petit, c’est ça qui est bien et surtout, il n’y a pas de coin enfant. J’y amène des gens. Je le fais découvrir. Aux amis, à ceux qui comme moi cherchent la fraîcheur à Paris.

 

Loïc

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