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Chaque jour, j’embrasse par la vue tous les plus grands monuments de Paris. Quand je monte sur mon vélo, je prends la rue Saint-Charles, puis le boulevard de Grenelle, et je file au bord de l’eau. Je croise sur mon chemin la maison du Japon, le CIDJ, la tour de je-ne-sais-plus-qui, je crois qu’il s’appelait Eiffel ou un truc comme ça, puis une grande zone en travaux mais je ne sais pas ce que c’est. Ça a l’air moderne, et comme tout ce qui et moderne c’est grand, ça brille, et ça prend du temps pour se construire… Sinon ce serait déjà du passé.
Vient ensuite l’esplanade des Invalides, où, si je suis en retard, il y a une sorte de pilier au centre du carrefour qui agite les bras dans tous les sens et joue du sifflet. Ensuite, il y a tout un lot de maisons qui appartiennent à l’Assemblée nationale et souvent, encore une fois si je suis en retard, il y a trois ou quatre bus de touristes… Je vole au-dessus de l’eau pour arriver sur la rive droite, apercevoir l’obélisque de la Concorde, mais je reste sur les quais, j’aime trop l’eau !!! Puis, vient le musée d’Orsay, ma seule montre de tout le trajet, et au niveau de cette ancienne gare, je vérifie que je ne suis pas en retard. Puis royal le palais… Heu pardon, le Louvre. Ensuite, vient l’ancienne Samaritaine (petite larme)… Encore un peu de quais puis j’arrive sur la place du Châtelet… Là, je monte sur le trottoir (je sais, c’est interdit), descends de mon vélo puis pousse la porte du numéro 5 de la rue Châtelet. Paresseuse comme je suis après mes six kilomètres et demi de vélo (en roulant vite, sinon ce serait plus), je prends l’ascenseur avec mon « BB ». Il a une selle, deux roues, il est rouge et plutôt cool quand il ne déraille pas… Je parle de mon vélo bien sûr!!! Je m’arrête au premier étage pour l’accrocher, et monte au deuxième, au Centre de jour de Châtelet qui réunit de nombreuses personnes aussi intéressantes les unes que les autres !!! Chacun là-bas a quelque chose d’intéressant, autant par son histoire, que par ses progrès, son sens de l’écoute, ou même simplement par sa présence… Tout ce monde roule comme une horloge bien huilée. Parlons-en de l’horloge… Il y a trois pendules au centre de jour, une au bar, la seconde dans le bureau infirmier, et la troisième dans la salle d’art plastique, mais aucune n’indique la même heure. J’ai donc élu comme montre l’horloge municipale qui se situe à côté du tableau d’information dans la rue et qui est toujours visible de n’importe quelle salle du Centre de jour…

Chaque soir ou presque, je passe par le snack nommé Les Voisins… Pour la petite anecdote, Remy, il y a trois ans, a rencontré Corinne (surnommée Coco) lors d’un repas des « immeubles en fête ». Ils ont bien sympathisé et lorsque Remy a reçu une subvention pour créer son commerce, il a immédiatement pensé à sa voisine… Vous avez peut-être compris pourquoi ils ont choisi ce nom des « voisins » pour leur super snack. Je dis super car on imagine souvent un snack, sale, gras, où l’on est adepte de la malbouffe, et surtout très enfumé. Eh bien là, c’est tout le contraire. Tout est propre, les sandwichs et salades sont faits maison, il y a des fruits frais, des compotes, des yaourts, pour un repas équilibré, et le must, c’est que Les Voisins est un lieu non-fumeur. Pour ceux qui ne peuvent se retenir, il y a une petite terrasse pour manger dehors… C’est aussi un des rares lieux dans Paris où l’on trouve de la glace à la banane…
Lorsque j’y vais, ce qui est fréquent, je gare mon vélo et traverse la rue. L’aventure commence lorsque je rentre chez Les Voisins. Au moment où je passe la porte, un petit signal sonore retentit, prévenant Remy qu’il y a quelqu’un. S’il n’est pas enclenché, je l’imite moi-même pour le prévenir et je me mets à réfléchir à ce que je vais manger. Remy me propose toujours un tas de choses, mais les trois-quarts du temps, je prends un panini avec une cannette de Cherry Coke… À ce moment-là Remy va mettre RTL2, car il sait que c’est la seule radio que je prends plaisir à écouter. Je m’assieds et là je regarde Remy préparer le panini, vérifier s’il est chaud, puis l’écraser de son mètre quatre-vingt-dix et quelques, et enfin me l’apporter… Je commence à manger et à regarder Remy faire son va-et-vient pour ranger… Il range toujours dans le même ordre. Il commence par fermer les boîtes de bonbons, puis celles des glaces. Ensuite, il filme ce qu’il a préparé dans l’après-midi. Il éteint et ferme les rayons frigorifiques, nettoie la vitrine, fait la vaisselle, nettoie la cuisine en bas, et là, il est temps pour moi de partir car lorsqu’il remonte, il met les chaises sur les tables et nettoie par terre… Sur ce, on se dit au revoir et à bientôt, et je retraverse la rue pour rentrer dans mon foyer, car nous sommes aussi voisins.

Quand je me balade dans Paris, je pense très souvent à Londres, une ville qui m’a adoptée. Beaucoup d’endroits ici me rappellent là-bas. Il y a des lieux que tout le monde pourrait confondre, comme Saint-Germain-des-Prés et Covent Garden pour leur ambiance nocturne, ou encore les puces de Clignancourt et les Locks de Camden Town, mais il m’arrive de trouver des ressemblances qui n’apparaissent qu’à moi. Big Ben, la tour Eiffel de Londres, ou d’ailleurs plutôt l’inverse, la tour Eiffel, the Big Ben of Paris. De la Tamise à la Seine, des bateaux-mouches circulent dans la ville pour nous faire visiter les principaux monuments. On pourrait aussi confondre la tour Eiffel avec le London’s Eye, une gigantesque grand-roue située au bord de la Tamise, le plus beau point de vue sur la ville.
J’aime tous ces endroits et les contemple car Londres est la ville qui m’a vue grandir, vivre, aimer, souffrir et que je ne pourrais jamais l’oublier. Aujourd’hui, c’est Paris qui me voit me reconstruire.
Camille

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